Maryatil voyance - la voyance et les rêves : le rêve d'une accolade

Voyance et littérature

Les grandes espérances

 il eût été difficile de me donner un ordre plusembarrassant à remplir.«J'ai de singulières idées quelquefois, continua-t-elle, et j'ai aujourd'hui lafantaisie de voir quelqu'un jouer. Là ! là !... fit-elle en agitant avecimpatience les doigts de sa main droite ; joue !... joue !... joue !...»Un moment la crainte de voir venir ma sœur m'aider, comme elle l'avaitpromis, me donna l'idée de courir tout autour de la chambre, en galopantcomme la jument de M. Pumblechook, mais je sentis mon incapacité deremplir convenablement ce rôle, et je n'en fis rien. Je continuai à regardermiss Havisham d'une façon qu'elle trouva sans doute peu aimable, car elleme dit :«Es-tu donc maussade et obstiné ?—Non madame, je suis bien fâché de ne pouvoir jouer en ce moment. Oui,très fâché pour vous. Si vous vous plaignez de moi, j'aurai desdésagréments avec ma sœur, et je jouerais, je vous l'assure, si je le pouvais,mais tout ici est si nouveau, si étrange, si beau... si triste !...»Je m'arrêtai, craignant d'en dire trop, si ce n'était déjà fait, et nous nousregardâmes encore tous les deux.Avant de me parler, elle jeta un coup d'œil sur les habits qu'elle portait, surla table de toilette, et enfin sur elle-même dans la glace.«Si nouveau pour lui, murmura-t-elle ; si vieux pour moi ; si étrange pourlui ; si familier pour moi ; si triste pour tous les deux ! Appelle Estelle.»Comme elle continuait à se regarder dans la glace, je pensai qu'elle separlait à elle-même et je me tins tranquille.«Appelle Estelle, répéta-t-elle en lançant sur moi un éclair de ses yeux. Tupeux bien faire cela, j'espère ? Vas à la porte et appelle Estelle.»Aller dans le sombre et mystérieux couloir d'une maison inconnue, crier :«Estelle !» à une jeune et méprisante petite créature que je ne pouvais nivoir ni entendre, et avoir le sentiment de la terrible liberté que j'allaisprendre, en lui criant son nom, était presque aussi effrayant que de jouerpar ordre. Mais elle répondit enfin, une étoile brilla au fond du long etsombre corridor... et Estelle s'avança, une chandelle à la main.Miss Havisham la pria d'approcher, et prenant un bijou sur la table, ellel'essaya sur son joli cou et sur ses beaux cheveux bruns.«Ce sera pour vous un jour, dit-elle, et vous en ferez bon usage 63

Charles Dickens

 

Maryatil voyance : voyances , destins et prénoms : Angela

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Voyance et littérature

Jane Ayre