Maryatil voyance : voyances , destins et prénoms : Chiara

Voyance et littérature

Sébastien Roch

M. Roch tenait, dans sa main, la main de Sébastien, la serrait souvent d’une étreinte tremblante. Et Sébastien, qui avait redouté un flux de paroles, un débordement de suprêmes conseils, sut gré à son père de ce silence, de ce tremblement. qui lui étaient pénibles et très doux, tout ensemble. Son regret de partir s’en augmenta.
- J’ai mis dans ta malle quatre tablettes de chocolat, dit M. Roch, avec un effort visible... Ménage-les... N’avons-nous rien oublié ? Ta boîte de compas ?... Oui, c’est moi-même qui l’ai emballée... Et tes billes ?... Tes billes aussi, je me rappelle... C’est la mère Cébron, tout au fond, dans un sac de lustrine... ménage-les... elles sont en agate. Enfin, j’ai fait ce que j’ai pu...
Après un silence il soupira :
- C’est incroyable... Je n’aurais pas pensé que ça arriverait, comme cela, si vite !...
Sébastien, frissonnant d’un gros chagrin, se serra davantage contre son père. Il se repentait violemment d’avoir été injuste envers lui. Son âme s’abîmait, se fondait dans le remords et dans la reconnaissance. Il eût voulu lui demander pardon, il eût voulu dire à sa tante Rosalie qu’elle était une méchante femme et qu’il la détestait. Et tout d’un coup, il pensa à Marguerite qui devait dormir, à cette heure ; il revit Mme Lecautel, qui, très longue, très maigre, timbrait des lettres, dans son bureau, et cachetait des sacs de cuir... Au-dehors, l’omnibus de l’hôtel Chaumier arriva, pesant, cahotant. Il y eut des colloques, des jurons, des bruits de paquets qu’on décharge. Les chevaux s’ébrouèrent, agitèrent leurs grelots.
- Tu seras à Rennes, demain matin, à cinq heures cinquante-neuf, poursuivit M. Roch...39

Octave Mirabeau

Maryatil voyance - la voyance et les rêves : le rêve de l'âge

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